La trajectoire carbone d’un groupe agroalimentaire se joue pour l’essentiel hors de ses murs : dans les champs, les élevages et chez les fournisseurs de premier rang. Le recrutement d’un directeur RSE dans l’agro-industrie ne consiste donc pas à trouver un spécialiste du reporting, mais un dirigeant capable de faire bouger l’amont agricole. Elzéar Agribusiness accompagne les entreprises de la filière sur ces nominations encore récentes.
Pendant dix ans, la fonction a produit des rapports. Elle porte aujourd’hui des projets qui engagent des capitaux : chaudière biomasse, récupération de chaleur, réduction du plastique, refonte du schéma logistique, contractualisation d’un approvisionnement bas carbone. Le titulaire arbitre des investissements avec la direction industrielle et défend un plan devant le comité de direction. Cela suppose une aisance avec le compte d’exploitation qu’on ne trouvait pas dans la première génération de responsables développement durable, et qui reste le premier critère de sélection.
Dans l’agroalimentaire, la majeure partie des émissions vient des matières premières agricoles. Réduire suppose donc d’agir sur les pratiques culturales et d’élevage, ce qui passe par les coopératives, les organisations de producteurs et parfois par des primes de filière. Le directeur de la décarbonation doit tenir un discours crédible devant des agriculteurs, savoir ce que coûte un changement d’itinéraire technique et accepter des cycles longs. Un profil purement corporate se heurte vite à ce mur, quelle que soit la qualité de son plan.
Le rattachement dit le poids réel du poste. Rattaché à la direction générale, le titulaire arbitre. Rattaché aux opérations, il devient un appui technique aux usines. Rattaché à la stratégie ou à la communication, il porte surtout la conformité et le récit. Aucune de ces trois options n’est mauvaise, mais elles n’attirent pas les mêmes candidats et ne se rémunèrent pas de la même façon. Elzéar demande que ce choix soit fait avant la première approche, faute de quoi les entretiens partent dans des directions contradictoires.
Trois questions suffisent à mesurer la réalité du poste. Le titulaire dispose-t-il d’un budget d’investissement ou seulement d’un budget d’études ? Encadre-t-il une équipe ou coordonne-t-il des correspondants dans les sites ? Siège-t-il au comité de direction ? Les candidats de bon niveau posent ces questions au premier entretien. Mieux vaut avoir les réponses, car elles font plus pour l’attractivité du poste que la fourchette de rémunération, surtout auprès de personnes déjà bien installées.
Les directeurs industriels et responsables de site qui ont basculé sur le sujet maîtrisent l’usine et l’investissement, mais connaissent moins le cadre réglementaire. Les profils issus du conseil apportent la méthode et le chiffrage, avec parfois peu de vécu opérationnel. Les responsables qualité, sécurité et environnement devenus directeurs RSE connaissent les référentiels et les sites, et doivent démontrer leur capacité d’arbitrage. Chaque vivier convient à un contexte : nous vous disons lequel correspond au vôtre plutôt que de défendre un profil type.
Les créations de poste se sont multipliées plus vite que les parcours n’ont pu se former. Résultat : peu de candidats cumulent l’expérience industrielle, la connaissance de l’amont agricole et la tenue en comité de direction. Cela ne rend pas la recherche impossible, mais impose de choisir la compétence que vous accepterez de faire grandir en interne. Ce compromis se décide au cadrage, pas en fin de processus, quand la pression du calendrier fait accepter n’importe quel profil disponible.
Nous commençons par un entretien de cadrage avec la direction générale : état d’avancement de votre plan, périmètre du poste, moyens réels, décisions que le titulaire prendra seul. Nous établissons ensuite la cartographie du marché, en recensant non seulement les personnes qui portent le titre, mais aussi celles qui exercent la fonction sans l’afficher : directeurs de site engagés dans une trajectoire carbone, responsables amont agricole, directeurs qualité au périmètre élargi. Sur une fonction récente, s’en tenir aux intitulés officiels écarterait la moitié des candidats sérieux.
Les consultants d’Elzéar Agribusiness approchent ensuite ces personnes une par une, sans annonce et sans exposer votre projet. Beaucoup n’ont pas de démarche en cours et acceptent une conversation parce qu’elle vient d’un interlocuteur qui connaît la filière. Cette confidentialité compte doublement ici : les plans de décarbonation touchent à des sujets sensibles chez nos clients comme chez leurs fournisseurs.
Vous recevez une short-list en quatre à six semaines, plus rapidement si la mission est urgente. Nous évaluons chaque candidat sur trois axes : la solidité technique, la capacité à convaincre un directeur d’usine et un responsable de coopérative, et la tenue devant un comité de direction. Vous rencontrez un nombre restreint de personnes, avec pour chacune une lecture claire de ses acquis et de ce qu’il faudra compléter. Elzéar suit ensuite l’intégration, jusqu’à la validation de la période d’essai.
Sur une création de poste, un profil issu de l’industrie ou de la qualité au sein de la filière donne les meilleurs résultats, parce qu’il connaît déjà les sites et les interlocuteurs agricoles. Un profil venu du conseil convient mieux lorsque l’entreprise doit d’abord construire sa méthode et son plan chiffré avant de passer à l’exécution.
Si vous attendez du titulaire qu’il arbitre des investissements et engage l’amont agricole, oui. Un rattachement plus bas dans l’organisation limite le poste au reporting et rend le recrutement plus difficile, car les candidats expérimentés savent lire un organigramme.
Une nomination réussie sur ce sujet dépend d’abord de la clarté du mandat. Dites-nous où vous en êtes de votre plan de décarbonation, ce que le titulaire devra décider seul et à qui il rendra compte. Nous vous dirons quel profil correspond, ce que le marché pratique aujourd’hui et le temps que la recherche demandera.